La ressemblance (muḍāraʿa), de Zamaḫšarī à Bar Hebraeus
Georges Bohas (ICAR, Lyon)
Résumé
Dans cet article on étudie comment Bar Hebræus a coulé dans la grammaire du syriaque qui, jusqu’à lui, se situait dans la tradition de la Technè, la notion de muḍāraʿa « ressemblance » empruntée au Mufaṣṣal d’al-Zamaḫšarī. Pour lui, les verbes qui n’ont pas à l’initiale de lettre ʾ, m, n, t, comme qōʾem « il se lève », et ceux qui en ont une, comme nqûm « il se lèvera », conviennent aux deux temps : présent et futur et c’est pourquoi les lettres ʾ, m, n, t, ont été appelées « lettres de ressemblance » et leurs verbes « verbes de ressemblance ».
La ressemblance se limite donc au fait que les verbes comme qōʾem et nqūm conviennent aux deux temps et se ressemblent donc en cela. Tout autre est la conception que se fait Zamaḫšarī de la muḍāraʿa « ressemblance » du verbe à initiale ʾ, n, t, y. Pour lui, du fait qu’on ajoute à son initiale le ʾ, le n, le t et le y, ce verbe ressemble au nom auquel on ajoute l’article à l’initiale, analogie qui permet de justifier la flexion casuelle du verbe « ressemblant ». Il est clair que la conception que se fait Bar Hebræus de la muḍāraʿa « ressemblance » est bien différente de celle des grammairiens arabes.
Mots clés
grammaires syriaques, grammaires arabes, Bar Hebræus, al-Zamaḫšarī