La formation de l’impératif dans la grammaire de Bar Hebræus

La formation de l’impératif dans la grammaire de Bar Hebræus

Georges Bohas (ICAR, Lyon)

Résumé

On part de la considération de Merx (1889, 253) selon lequel on doit à Bar Hebræus « le chapitre au sujet de l’impératif, qu’il montre être identique au futur, le préfixe étant omis, ce qu’aucun parmi les Syriens n’avait dit avant lui. » Le texte du Mufaṣṣal est en effet particulièrement clair : « La forme de l’impératif est identique à celle du muḍāri‛ [=inaccompli] deuxième personne du masculin après troncation de la lettre initiale. » En arabe, on observe bien l’identité des consonnes et des voyelles entre l’inaccompli apocopé et l’impératif, avec la troncation du préfixe, que le verbe soit « sain » ou « défectueux », comme dans : taktub/ktub, tarmi/rmi. Mais, en syriaque, ce n’est pas le cas pour les verbes  « défectueux » dans lesquels la troncation  de la lettre initiale est évidente, mais où les voyelles divergent, comme dans :

nqaww / qawwâʾ il demeure/demeure

nqaddeʾ / qaddâʾ il retient/retiens

Cela explique sans doute pourquoi les grammairiens antérieurs à Bar Hebræus ne se sont pas aperçus de la relation entre les deux, tandis que celui-ci, inspiré par sa lecture du Mufaṣṣal, en a pris conscience et l’a intégrée à sa grammaire.

Mots clés

grammaires syriaques, grammaires arabes, Bar Hebræus, al-Zamaḫšarī